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COVETA DEL MARGE DEL MORO PARC PRÉHISTORIQUE COVA CAN SADURNÍ. BEGUES DÉCOUVRIR

La Coveta del Marge del Moro de Begues

La grotte est située dans un pan de mur rocheux, appelé Marge del Moro, situé sur la rive septentrionale du poljé de Begues, au pied du Turó del Sotarró. Elle est localement connue comme grotte de Les Campanetes. Il s’agit d’un gouffre qui longe la falaise et à un moment donné il s’est effondré et s’est ouvert à l’extérieur. Il a une surface opérationnelle de 14m2. Le site a subi l’intervention de studieux sur environ deux mètres carrés, ils nous ont signalé plus tard la localisation de la grotte et nous ont remis tout le matériel de leur fouille.

L’épipaléolithique de la coveta del Marge del Moro

La coveta del Marge del Moro fut le premier site chronologique épipaléolithique trouvé dans le massif du Garraf. On peut considérer que seulement 5 des 14 m2 avaient les trois unités stratigraphiques (VI, VII et VIII) épipaléolithiques. Toutes les strates ont présenté des vestiges de faune et d’outillage lithique taillé, mais pas de céramique ou d’outillage poli. La strate VI a également fourni une structure de combustion de section en cuvette (structure 3) partiellement délimitée par une ellipse de pierres.

Stratigraphiquement, le site fournit huit strates qui nous montrent une séquence stratigraphique basée sur deux modèles de peuplements différents. Le premier et le plus ancien se situe dans la transition entre le Paléolithique et le Néolithique, dans le Mésolithique à encoches et denticulés. Compte tenu à la fois de la situation et des caractéristiques morphologiques du site, il semble qu’il s’agirait à ce moment-là d’un peuplement sporadique mais fréquent dans lequel un groupe de 4/5 personnes maximum utiliserait le petit espace adéquat pour passer les nuits, les tempêtes ou faire la surveillance des ressources animales potentielles. Pendant que le groupe attend, il semble qu’il en profite pour effectuer des travaux de taille de silex. Dans l’un des différents épisodes vus dans cette période, le centre de la cavité est occupé par un feu au sol, qui nous renseigne sur la nature des tâches qui pourraient être effectuées à l’intérieur de la cavité.

On a pu obtenir deux datations de C14 pour deux des strates correspondant à la période. Pour la strate VII les résultats 8 685±55 BP (7 937-7 589 calBC) nous situent en chronologie calibrée dans la première moitié du VIIIe millénaire, alors que pour la strate VI les résultats nous situent dans la seconde moitié du même millénaire, 8 270±65 BP (7 490-7 084 cal BC).

D’une manière générale, on peut dire que l’ensemble industriel exhumé se caractérise essentiellement par l’utilisation du silex comme matière première principale, suivi à une distance considérable par le quartz et encore plus loin par le jaspe, le calcaire et d’autres matières premières indéterminées.

Sur l’ensemble des vestiges lithiques récupérés, 11,1 % présentaient une transformation par retouche. Il s’agit d’une industrie élaborée essentiellement sur des supports de type éclat, avec un pourcentage de supports laminaires relativement faible (10%). La morphologie des nucléus documentés confirmerait cette donnée si on n’oublie pas que la plupart des nucléus se trouvent à des stades très avancés d’exploitation, présentent peu de morphologies ou sont de nature polygonale. Les morphologies prismatiques ou pyramidales pour l’extraction des supports laminaires sont résiduelles et apparaissent principalement dans la partie inférieure de la séquence. On peut donc définir la taille comme de nature expéditive et peu élaborée.

La corticalité, présence du cortex dans les pièces, de l’ensemble est significative (20%). Ce fait nous indiquerait que, malgré le peu d’espace utile du site, des activités diverses s’y sont développées, parmi lesquelles on peut considérer celle de la production d’outils ; on ne peut préciser leur utilisation que d’un point de vue typologique, étant donné que son analyse tracéologique n’a pas encore été effectuée.

En ce qui concerne les types primaires d’outils, on observe la prédominance des morphotypes de retouche simple (42 %), légèrement au-dessus de ceux de retouche abrupte (37 %). Les racloirs sont le type primaire le plus récupéré présentant une grande diversité typologique, même si les simples prédominent. Les racloirs sont le deuxième groupe typologique le plus important présentant également une grande variété typologique. Les denticulés (fig.6.5) aussi bien ceux de retouche marginale que surtout ceux de retouche profonde seraient le deuxième type en importance numérique, les encoches et les grattoirs denticulés sont les types les mieux représentés. La méthode de retouche simple est complétée par une paire de pointes de retouche simple. L’une des principales caractéristiques de cet ensemble de retouche simple est l’aspect des extractions de type « scalariforme » qu’il présente habituellement.

Quant aux types primaires de retouche abrupte, le groupe est dominé par des éléments définis traditionnellement comme de nature cynégétique et composée essentiellement de lames et de pointes à dos (figs. 6.14) auxquelles il faut ajouter une douzaine d’éléments géométriques (fig. 6.15). Le reste correspond déjà à des lames tronquées, un bec et quelques abrupts indifférenciés. L’ensemble des matériaux retouchés est complété par trois burins, un sur plan naturel, un sur fracture et un troisième sur retouche, qui est en fait un modèle double, car il est associé à un denticulé. Enfin, il convient de mentionner la récupération de deux éléments de nature macrolithique, l’un clairement un percuteur et l’autre interprété selon ses fouilleurs comme un élément de mouture.

Le paradolmen du Marge del Moro

Par la suite, à partir le Mésolithique, la grotte est restée inhabitée jusqu’à ce qu’une seconde utilisation de la cavité l’a rendue à nouveau visitable par les communautés préhistoriques pendant la strate IV de la stratigraphie. Dans ce cas, la cavité se transforme en un paradolmen où se concentre l’activité sépulcrale des différents groupes qui y ont enterré leurs défunts.

D’un point de vue archéologique, lors de sa fouille, on a constaté que trois grands blocs délimitaient l’intérieur de la cavité en limitant la zone dans laquelle se trouvaient les ossements humains. À l’entrée de la cavité, sur son côté E et adossé à la paroi rocheuse se trouvait aussi ce qu’on a identifié comme un trou de poteau (structure 4). D’autre part, un autre trou de poteau a été découvert (structure 6). Les deux structures correspondaient à des trous d’environ 30 cm de diamètre avec un entassement de pierres à l’intérieur de leur fond qui serviraient à fixer la base des poteaux.

La plus grande dalle plate a été retrouvée tombée sur 4 carrés archéologiques limités par les deux trous de poteaux. La mesure de sa hauteur coïncidait avec la distance entre le niveau du sol de la couche de sépultures et la visière de la cavité. Sa largeur correspondait également à la distance entre les deux trous de poteaux (structures 4 et 6). De même, la position dans laquelle la dalle a été trouvée correspond au son mouvement ultérieur de chute. Deux autres dalles(,) trouvées dans les carrés ouest adjacents à la structure 6(,) ont permis la fermeture totale de la cavité entre la structure 6 et le mur W de l’abri.

Cette disposition a permis de développer l’hypothèse selon laquelle l’espace dans lequel les corps enterrés étaient déposés était conditionné comme un petit hypogée. Une série de 3 grosses dalles calcaires délimitaient la zone funéraire d’inhumation, tandis qu’une structure artificielle, vraisemblablement faite de bois et de pierre, permettrait sa fermeture. La structure obtenue peut être considérée comme un paradolmen, suivant ainsi les courants funéraires de la période chronologique dans laquelle elle s’inscrit.

L’ensemble formé par les deux poteaux situés dans les trous (structures 4 et 6) et la première dalle devait former une fermeture faisant office de porte, tandis que la fermeture formée par le tronc de la structure 6 et les deux autres dalles fonctionnerait comme une fermeture non mobile. Tout cela a permis d’isoler la cavité pour obtenir un espace funéraire protégé.

Les inhumations sont primaires, successives et effectués dans un lieu fermé et protégé. Les personnes inhumées n’étaient accompagnées que d’objets personnels, essentiellement des perles de colliers ou bracelets en pierre, coquillage et os. Les caractéristiques des sépultures et du matériel récupéré ne permettaient pas, à celle époque, de singulariser les squelettes. Ce fait a limité le travail anthropologique à la recherche du nombre minimum d’individus (NMI), qui a été déterminé à 27, sur la base des informations offertes par les dents qui étaient les éléments les plus représentés et qui fournissaient plus information. Parmi ces 27 individus, 17 seraient subadultes, 8 seraient adultes et deux de leurs âges n’ont pas pu être déterminés. Parmi les subadultes, on a pu distinguer un périnatal, 5 individus entre 1,5 et 3 ans, 9 individus entre 3 et 8 ans et 2 individus entre 8 et 10 ans. Quant aux adultes doivent avoir été inhumées, au minimum 3 individus jeunes (jusqu’à 25 ans), 2 entre 25 et 35 ans et 3 autres entre 33 et 45 ans , sans qu’il soit possible de le déterminer s’ils étaient entrés dans la catégorie adulte ou non. Concernant le sexe, il a été déterminé qu’il y avait au moins 2 individus féminins et un homme.

Le travail de singularisation que mène récemment le CIPAG nous amène à modifier certaines conceptions. Même si les premières datations obtenues indiquaient, par extension, que les individus enterrés devaient avoir été déposés dans le paradolmen au cours de la première moitié du IIIe millénaire avant JC, dans un contexte NéolithiqueFinal-Chalcolithique, de nouvelles datations d’autres individus qu’ils sont en cours de publication, elles nous guident vers la seconde moitié du IVe millénaire, déjà au Néolithique Final et certains entrent même dans la première moitié du IVe millénaire, ce qui signifierait de sépultures à la fin du Néolithique Moyen II.

À la lumière de ces données, encore à confirmer, l’occupation sépulcrale de la coveta del Marge del Moro suggère un petit groupe humain, probablement éleveur et transhumant, qui, au cours de cette période de près de 800 ans, a utilisé la cavité comme un espace de sépulture lorsque le décès d’un de ses membres est survenu de manière circonstancielle alors qu’il se trouvait sur le territoire d’étude.

Emplacement

Direction des interventions archéologiques

MIREIA PEDRO (2002)
MANEL EDO (1995-2001)
ANNA BLASCO (1995-2001)
PEPA VILLALBA (1995-2001)

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